février
21
Conférence richcommerce, le point sur les bonnes pratiques “riches” de l’e-commerce international
Catégories : Actualités économiques • Evénementiel • Nouveaux usages
Mardi matin avait lieu le petit déjeuner richcommerce organisé par Frédéric Cavazza et François Ziserman dans les toujours somptueux locaux d’Adobe. J’ai pu y assister et c’est autant d’honneur que beaucoup d’autres inscrits se sont vus refuser l’entrée la veille au soir pour cause d’abondance. J’imagine leurs frustrations tant cette conférence était intéressante. Les orateurs ont globalement évités l’écueil des généralités et se sont attachés à faire l’analyse du secteur e-commerce international, et d’un tirer une multitude de best-practices “riches”.
L’état du marché
L’introduction a d’abord rappelé quelques chiffres impressionnants du marché en 2007 :
- 16 milliards d’€
- 20 millions de clients
- 145 millions de transactions
- 35 % de croissance
- 37 000 sites marchands
- Un nouveau site marchand toutes les heures
Cette forte croissance s’explique par l’avènement du haut débit (60% de la pop. fr) et le potentiel du marché.
Et la technique ?
Abordé très rapidement, le point technique a néanmoins permis de limiter les inévitables questions sur la pertinence des technologies riches (flash vs référencement naturel et analytics).
- Taux de pénétration de shockwave de l’ordre d’un sur deux
- Taux de pénétration de JavaScript +90%
- Taux de pénétration de Flash +98%
Comme il a été parfaitement rappelé, la technique n’est qu’un moyen. En dehors de toutes considérations budget/temps/compétences, tout est possible. La couche “riche” apporte une valeur ajoutée indéniable en terme de présentation de produits (360°, 3D, etc. qui permettent de gagner chaque jour des clients aux magasins traditionnels), d’expérience utilisateur (interactivité, contextualisation, etc.) afin de vendre plus (et mieux).
Alors comment enrichir une boutique ?
Deux philosophies ont ici été expliquées. La refonte intégrale en utilisant 100% d’une technologie riche, comme pour le cas d’un site full flash ou de l’exemple de Gucci en JavaScript est déconseillée pour une question de coût et de performance. Même si un tel projet peut être médiatiquement intéressant (buzz autour de la mise en ligne) et proposer une expérience utilisateur originale, le changement radical de la solution risque de vous faire perdre bien des ventes. Contrairement aux sites institutionnels, les sites marchands gagnent peu à être refondus trop régulièrement. Les interfaces riches ajoutent ici des contraintes techniques (temps de chargement, taux d’équipement de la dernière version du plug-in par exemple, etc.).
A contrario, il est grandement conseillé de “saupoudrer le site avec du riche” (pour reprendre l’expression de François. Il est en effet facile d’optimiser la navigation en descente d’arborescente en utilisant pourquoi pas un module Ajax. Le premier chantier d’un projet de ce type concerne souvent la page produit, à laquelle on ajoute des fonctionnalités riches pour combler le manque de proximité entre le produit et son potentiel consommateur. Ces fonctions vont du simple zoom jusqu’à la vue en 3d, en passant par quelques expérimentations sensorielles comme celles de Mercedes :

Sur le site A-to-S.co.uk, le toucher du cuir est reproduit.
Un très bon exemple a aussi été donné à propos d’Amazon. Comme souvent, l’e-commerçant est pris en exemple pour son intelligence. Tout le monde connait l’interface d’Amazon, qui correspond (préfigure?) aux codes marchands que tout le monde comprend. Toute la finesse consiste à conserver cette boutique pour ne pas prendre de risque sur son “fond de commerce”, son coeur de métier, mais de livrer une API librement qui permet à la communauté de développer des expériences riches (browsegoods, blackdogair, etc.) par dessus le catalogue traditionnel. Deux façons d’accéder aux produits pour une cible toujours plus large et zéro risque business.

Amazon.com via BrowseGoods
Les bonnes pratiques
La conférence s’est poursuivie par une série de best-practices internationales. Force est de constater que les secteurs du luxe et de l’automobile sont particulièrement bien représentés (autant quantitativement que qualitativement), notamment par des sites américains. L’industrie du prêt-à-porter est bien représentée également.
Les modules riches abordés étaient regroupés dans différentes catégories :
- Vue immersive
- Les selecteurs
- Les visualisateurs
- Les comparateurs
- Les carroussels
- Les assistants conversationnels
- Les advergames
- …

Le comparateur/sélecteur du site Toyota.
Cas d’études et ouverture
La conférence s’est poursuivie par deux cas d’études, pour lesquels des intervenants ont pris la parole. La société Beauté Prestige International a d’abord partagé son expérience sur la mise en ligne de la boutique du site de Jean-Paul Gaultier Parfum. Sans langue de bois, les problèmes rencontrés (notamment lors du choix de la toute dernière version du player flash) et les succès nous ont été détaillés, mettant ainsi en exergue les problématiques du luxe, d’une boutique riche, et de la vente de produits pour lesquels internet est particulièrement inadapté (comment choisir un parfum en ligne sans le sentir).

Le deuxième cas d’études étant relativement confidentiel, je ne m’étendrai pas trop dessus. C’est en tous cas en partant de cet exemple que la conclusion de cette conférence a eu lieu, soulevant la question de l’avenir de l’e-commerce à 5 ou 10 ans. Il est plus qu’évident que la vente en ligne à fort à gagner de continuer à s’inspirer de l’industrie du jeux-vidéo, véritablement pionnère et aujourd’hui mature en terme de 3D, d’interactivité (et sa perception par l’utilisateur) et d’expérience utilisateur. Il n’y a qu’a voir cette capture d’écran du jeu Test Drive Unlimited pour se rendre compte à quel point le e-commerce a tout à gagner de s’appuyer sur les produits vidéo-ludiques.

Le car configurator du site Toyota Highlander

Le car configurator du jeu Test Drive Unlimited
Pour aller plus loin
Crédits photographies : LeBlogDeDenis.

Il y a 13 ans, eBay, qui s’appelait alors AuctionWeb, n’était qu’une petite application développée par un jeune ingénieur franco-americano-iranien en quelques jours. Aujourd’hui, le bébé de
Pierre Omidyar met sur son site personnel une page appelée AuctionWeb, (littéralement Enchère Web). La légende veut que le site ait été créé pour que sa femme puisse acheter et vendre les distributeurs de bonbons qu’elle collectionnait. Cette rumeur a en fait été inventée par un chargé de relation publique pour susciter l’intérêt des médias et a, depuis, été démentie par eBay.

