Synerg'heBlog le blog de la Junior-Entreprise spécialiste du web » Actualité et veille numérique

 1 
Le 26 octobre 2008 à 15h10 par Julien Dubois

Le point sur les nouveaux usages du web

Des habitudes faites pour durer ? A chaque fois que vous vous installez sur votre machine vous avez vos habitudes, vous lancez votre client de messagerie, ouvrez votre navigateur, démarrez un éditeur de texte pour rédiger un compte rendu de réunion, agrémentez une présentation avec quelques chiffres grâce à l’aide de votre tableur préféré… A chaque tache son logiciel, mais pour combien de temps encore ? Chaque jour de nouvelles startups se montent pour proposer des web services originaux afin d’éviter d’avoir à installer un logiciel supplémentaire sur sa machine.

 

A quoi servent les web services ? Imaginez que vous deviez rédiger un compte rendu de réunion avec votre directeur de projet, vous commencez votre version, le directeur de projet aussi, vous devez mettre en commun vos notes, adapter la mise en page de l’un et de l’autre, tout cela prend du temps. Imaginez maintenant une application en ligne qui vous permet de travailler tous les deux sur le même document, vous pourriez gagner un temps fou ! Vous travaillez sur une version du document pendant que le directeur de projet fait ses annotations sur celle-ci au même moment, vous réduisez ainsi le temps passé sur ce document et le soir votre compte rendu est terminé. Le fait que le directeur de projet soit sous Mac OS X et vous sous Windows XP vous est totalement indifférent car vous travaillez tous les deux sur une version en ligne, l’application est donc totalement interopérable et facilement utilisable de n’importe où du moment où Internet et un simple navigateur sont à votre disposition. Le web service que vous utilisez s’appelle un SaaS, (un logiciel en tant que service) vous utilisez depuis votre navigateur le logiciel que vous aviez l’habitude de lancer depuis votre bureau et faites ainsi des économies sur le prix des licences et les coûts de maintenance mais la contre partie est souvent que vos documents sont hébergés chez le prestataire. Imaginez maintenant une application pour les commerciaux, le catalogue qu’ils présentent aux clients doit être à jour et ils doivent facilement faire remonter les commandes. Les RDA sont donc faites pour eux, imaginez une application sur leur pc ultra-portable qui permet de présenter un catalogue qui se synchronise automatiquement dès qu’ils se connectent au réseau et qui impacte directement vos stocks dès que les commandes sont faites, vous pourrez ainsi plus facilement gérer votre production et tenir vos clients informés de vos tarifs.

Vers la disparition des logiciels ? On peut donc se demander quel sera l’avenir réservé aux logiciels dit « traditionnels », il est inévitable qu’ils s’enrichissent de nouveaux concepts, imaginez une encyclopédie toujours à jour grâce à sa base de données embarquée qui se synchronise de façon autonome à chaque connexion à Internet, vous disposerez d’une version sur votre machine que vous pourrez exploiter en étant déconnecté et ne ferez donc pas la différence entre recherche en ligne et hors ligne. Les RDA & RIA sont donc l’avenir des éditeurs de logiciels car les logiciels se vendent de moins en moins à cause des équivalents en ligne qui naissent chaque jour.

Et du côté du matériel ? Le matériel que nous utilisons est également en train de subir quelques changements car il est devenu monnaie courante d’externaliser le stockage des données, c’est ce que l’on appelle le cloud computing, vous déposez vos photos sur Flickr, postez vos vidéos sur Dailymotion, créez vos documents sur Zoho. Mais si demain vous souhaitez faire disparaître tous ces contenus que vous avez publiés en ligne, comment vous assurer qu’ils ne sont pas encore stockés quelque part sur un serveur à l’autre bout de la planète ? Malheureusement vous ne disposez d’aucun moyen de contrôle et c’est là qu’est le principal inconvénient de ce concept.

Le futur du web ? Si le web continue d’offrir de plus en plus de possibilités c’est parce que les innovations se multiplient, Google vient de sortir son navigateur Chrome, la firme de Mountain View a précisé que sa conception avait été centrée sur les nouveaux usages du web, permettant d’avoir un produit plus rapide et plus adéquat avec l’utilisation que nous faisons de nos navigateurs et quand on voit le taux d’utilisation de leur dernier produit on ne peut qu’être tenté de surveiller ce qu’il donnera dans les années à venir sachant que ce n’est pour le moment qu’une version béta. Microsoft de son côté vient de publier Silverlight 2, la plateforme du géant américain pour concevoir des applications riches. Microsoft peine à imposer son produit (50% d’installation du plugin de Silverlight contre 80% pour Adobe Flash) à cause d’une concurrence trop forte et une exploitation trop limitée des fonctionnalités du plugin. NBC le pillier de la télévision américaine vient de rebrousser chemin quant à l’utilisation de Silverlight, la chaine avait utilisé le plugin pour les JO mais vient de retourner à Flash pour la nouvelle saison de Football US, coup dur pour les dirigeants de Microsoft. Adobe voit ce changement de produit d’un bon œil et vient d’annoncer la mise à disposition de son produit d’applications riches AIR au système d’exploitation Linux (qui n’était pour le moment que disponible sous Windows et Macintosh) de quoi inquiéter encore un peu plus son concurrent dont les produits ne sont pas en pleine forme (Vista n’est utilisé qu’à 20% un an et demi après son lancement contre 38% pour XP à la même période). La bataille entre les deux géants n’est donc pas prête de se terminer, les développements de gros projets vont être sponsorisés à grand renfort de dollars afin de tenter d’imposer son produit d’une façon ou d’une autre

Le 13 février 2008 à 14h02 par Bertrand Urbain

Changement de législation pour les noms de domaines en .fr

L’enreigstrement du millionième nom de domaine .fr, ce fut l’occasion pour modifier la législation au sujet de nom de domaine .fr. gérer par l’AFNIC.

 

afnic

Ces derniers sont désormais régis par le droit commun, comme avant, auquel s’ajoute de nouvelles règles « beaucoup plus restrictives et limitant, entre autres l’expression et la critique » (Cédric Manara, professeur de droit à l’EDHEC). Le 16 janvier, la cour d’appel de Paris a décidé de faire appliquer le décret du 06/02/2007.

Les modifications portent, entre autre, sur la répartition des noms de domaines; les homonymes sont bannis ! Si vous avez le même nom qu’une institution ou qu’un acteur politique de la république française (maires, députés sénateurs, villes…), il est interdit d’enregistrer un nom de domaine .fr. Idem pour les noms parodiques ou mal orthographiés (sarkozi.net, sego-royale.net, …). Les marques concernées mais ayant déposées leurs noms en tant que marque avant le 01/01/2004 ne craignent rien.

Les organismes qui gèrent les noms de domaines peuvent alors librement les supprimer ou modifier ceux qui ne possèdent pas les bons critères. Cette loi met fin à plusieurs procès retentissant à propos des noms de domaine (on se souvient de l’affaire Mme Milka notamment).

Le 25 janvier 2008 à 11h01 par Bertrand Urbain

La Chine fait fermer 44000 sites à l’occasion des Jeux Olympiques de Pekin

L’info est tombée il y a peu, la Chine a frappé fort en vue des Jeux Olympiques de Pékin :

* 44000 sites web à caractères pornographiques fermés
* 868 arrestations
* 524 affaires criminelles liées à la pornographie
* 1 911 personnes impliquées
* 440000 messages pornographiques supprimés

Voici le premier bilan de l’action du gouvernement chinois (dont le ministère de la Sécurité Publique et le Département de la Communication du parti communiste chinois). Les chiffres sont impressionnants et exposent une partie de la problématique démographique chinoise démesurée. Cette démonstration de force durera jusqu’en septembre, peu après la fin des JO (08/08 au 24/08).

Cette chasse aux socières du « web porno » fait suite à une déclaration du président Hu Jintao selon laquelle la pornographie représente une menace pour la stabilité sociale. De plus, le vice-ministre chinois de la sécurité publique, aurait déclaré jeudi lors d’une conférence : « L’explosion des contenus pornographiques sur Internet a contaminé le cyberespace et perverti les jeunes esprits (…) Le matériel pornographique venu de l’étranger et le manque de contrôle parental sont responsables des problèmes existants dans le cyberspace en Chine ».

Chine censure pornographie

Les sanctions sont bien présentes, des webmasters ont notamment été emprisonés pour avoir diffusé des films. Par exemple, le propriétaire d’un site contenant près de 9 millions d’images finira ses jours en prison.

Côté activistes des droits de l’homme, cette campagne est un prétexte pour traquer les cyber-dissidents avant les Jeux Olympiques de cet été. Par ailleurs, le Chine conforte sa politique du contrôle de l’information en contrôlant l’ouverture des sites web. Il est obligatoire de se déclarer auprès des autorités pour lancer son site web (14000 demandes rejetées et 190000 acceptées). Selon le même ministre, les moyens mis en place peuvent aussi concerner « les contenus qui colportent des rumeurs et des contenus diffamatoires » si besoin est. La notion de censure et l’impact du gouvernement dans l’internet chinois ne cesse de croître, par tous les moyens.

PS : 137 millions d’internautes chinois.

Le 27 novembre 2007 à 22h11 par Etienne Maujean

“Sarkoliviennes” où le mythe de la souris dans un seau de lait

Nous connaissons tous cette vieille histoire de la souris qui se débat tellement dans son seau de lait qu’elle finit par le transformer en beurre et s’en tire saine et sauve. L’accord gouvernemental issu de la mission Ovennes, comme une énième tentative de lutte contre le piratage me fait croire que l’Elysée poursuit ce rêve.

De quoi on parle ?

Plutôt que de vous retracer l’historique de cet accord, du rapport du patron de la fnac jusqu’à la déclaration de Sarkozy, je préfère citer quelques confrères, qui parlent du sujet avec plus de talent que moi.

Denis Olivennes, patron de la Fnac

En premier lieu, cet article d’Estelle Dumout de ZDNet.fr permet de bien comprendre le contexte. Les acteurs et politiques sont loin d’être unanimes et on peut se demander si cet accord n’est pas un nouvel aveux devant la pression des industriels et un acte calculé dans la politique du tout répressif de notre gouvernement.

[...] l’Adami, qui représente les artistes interprètes et qui n’a pas signé le texte : elle « regrette que les organisations représentant les consommateurs et le public n’aient pas fait partie des négociateurs de cet accord, alors que l’efficacité des dispositifs destinés à lutter contre la gratuité dépend aussi du consentement du public et donc, de son adhésion aux objectifs poursuivis ». Par ailleurs, elle déplore que sa proposition, qui consiste à augmenter la part du prix de la musique effectivement reversée aux artistes n’ait pas été retenue.

Une complexité juridique prévisible

« [...] le rapport renoue avec le fantasme d’une police du Net dévouée aux majors. En proposant qu’une nouvelle autorité administrative soit chargée de faire résilier les abonnements au réseau, il dessaisit la justice » Christian Paul, député (PS) de la Nièvre

Au delà de la démagogie affichée, cet accord pose également des problèmes juridiques qui ne manqueront pas de provoquer moult recours en justice.

Illustration justice

« Ce transfert des pouvoirs du juge à une autorité administrative revient à créer une véritable juridiction d’exception pour les téléchargeurs et va à l’encontre du principe d’égalité devant la loi » les députés UMP Marc Le Fur et Alain Suguenot au journal Les Echos.

Le débat n’avance pas, toujours la même démagogie

L’UFC-Que Choisir a fait connaître son désaccord face à cet accord interprofessionnel (l’union de consommateurs n’ayant pas été consultée avant la signature de l’accord).

Je vous recommande également l’excellent billet d’Alexandre Delaigue qui par une habile analogie explique clairement ce que tout le monde pense tout bas : en quoi la répression contre le téléchargement pirate est une peine perdue illusoire devant la révolution économique nécessaire de l’industrie culturelle.

Enfin, c’est peut être Alexis Mons, qui par son pragmatisme habituel apporte un début de conclusion à ce débat qui est pourtant loin d’être clos.

Dans cette affaire on paye l’absence de débat sur le numérique aux dernières élections. Comme si la France seule dans son coin allait changer quelque chose à un changement mondial et radical d’économie de la culture qui, paradoxalement place la relation artistes-public au coeur. Alors vous me direz que c’est un mauvais film, que la lumière va finir par se rallumer, celle qui consiste à prendre conscience que la culture n’est en rien détruite, que ce n’est pas l’économie de la culture qui est remise en cause, c’est le modèle ancien de l’économie de la culture qui meurt et qui sera remplacé par celui que des artistes comme Prince, Radiohead ou Manu Chao ici, des services comme Deezer ou Jamendo sont en train d’inventer. Et que l’on ne vienne pas me parler de pirates, il ne manque pas d’études pour montrer que c’est marginal [...]. Alexis Mons sur le blog du Groupe Reflect.