De l’utilisation du MicroBlogging
Tandis que l’évolution de la blogosphère n’est plus aussi fulgurante qu’à son habitude, il est intéressant de regarder de plus près la mutation des micro médias et surtout l’utilisation qui en est faite par les entreprises dans le cadre du phénomène actuel du microblogging.
Do you tweet ?
A mi chemin entre le blog et la messagerie instantanée, le microblogging répond aujourd’hui aux besoins d’instantanéité et de rapidité des échanges souhaités par les internautes et est très largement incarné par le phénomène Twitter, qui affiche un monopole insolent pendant que ses concurrents tentent d’apporter des évolutions à un modèle qui se suffit à lui-même et qui comptabilisait 1,3 millions de visiteurs uniques en mars dernier selon le site Comscore.
Twitter, fer de lance du microblogging
Premier arrivé, premier servi en audience oserait-on dire, malgré les efforts et la résistance des Jaiku ou Brightkite (qui permettent la géolocalisation des utilisateurs), Plurk avec son approche temporelle du microblogging, Identi.ca (et les autres clones en open source) et l’ensemble des twitter-like qui ne sont que des photocopies retouchées du leader incontesté…
Une concurrence timide
En effet, à trop vouloir copier un modèle sans réelle innovation, on ne peut rattraper son retard ou démontrer un quelconque avantage concurrentiel digne de ce nom… Constat des difficultés chez la concurrence avec la mort annoncée de Pownce, le grand, le fort et pseudo super concurrent de Twitter, qui jette l’éponge avant d’avoir pu commencer la bataille. Partage de photos, musiques, etc… n’auront pas suffit à différencier suffisamment ce service du Goliath du genre. En sera-t-il de même pour les autres acteurs du milieu ? Le temps nous le dira.
E-business et microblogging
L’utilisation de Twitter va chercher beaucoup plus loin que ce que l’on imagine à première vue, notamment si l’on s’intéresse plus en détail à son importance dans la politique marketing des entreprises qui se développe sur la toile. Du marketing social je vous disais, voyez-y une volonté d’animation communautaire mais pas seulement…
Partons à la découverte de la dimension e-business du microblogging en étudiant les différents bénéfices que peuvent en retirer les marques. Celles-ci utilisent aujourd’hui le microblogging (je ne dis plus Twitter, je dis microblogging par respect pour la concurrence) avec un objectif de fidélisation. Un visiteur qui décide de suivre l’actualité et les événements de la marque, c’est bien ; un client qui revient sur le site, intrigué par les tweet qu’il a reçu, c’est encore mieux et ça s’appelle un client fidèle.
Un autre objectif marketing est la création de trafic. Une offre commerciale annoncée sur le microblog et ce sont tous vos « followers » (ou suiveurs pour les purs francophones) qui partagent l’information et qui se rendent sur le site. Dans l’idéal ça se passe comme ça, tout dépend de l’offre évidemment, mais c’est un autre débat. L’avantage est que ce mode de transmission de l’information ne coûte pas un sou à l’entreprise (en comparaison avec une campagne d’emailing par exemple) et permet un gain de temps important (le temps c’est de l’argent paraît-il…).
Amazon annonce ses ventes flash sur Twitter
Au delà de ces deux objectifs de la plus haute importance pour un bon webmarketer, il est évident que le microblogging permet à la marque de rester visible : « Keep in touch with the brand » ! Pour les plus fans d’entre nous, ce service fait partie intégrante de notre quotidien et les messages qui y apparaissent sont incontournables. Ils diffèrent surtout d’un mail à caractère commercial ou d’une newsletter que l’on apparente à du spam et que l’on supprime avant même d’avoir pu l’ouvrir (avouez…). Rester dans l’esprit du consommateur donc, extrêmement important pour une marque et qui peut également être vu comme un travail sur la notoriété.
Enfin, je vous parlais d’instantanéité pour introduire la notion de microblogging, un autre très grand intérêt pour une entreprise est de pouvoir communiquer rapidement avec ses clients. Une rupture de stock, une offre exceptionnelle limitée dans le temps… la vitesse de diffusion nécessaire est possible aujourd’hui grâce à cet outil qui devient un véritable outil de gestion de la relation client. Par ailleurs, CNN a utilisé ce média pour tenir informée la population au moment du passage des cyclones ou encore lors des élections américaines. En France, le Monde et LCI utilisent également l’outil pour diffuser des brèves…
Le Monde et LCI présents sur Twitter avec leurs news
Parmi les autres utilisations, on peut noter que Twitter a été utilisé pour une campagne de communication du Club Med, avec pour principe d’envoyer une blogueuse sur une destination de vacances du groupe et de décrire sa semaine via la plateforme de micro média. Sans oublier également qu’il est utilisé par un grand nombre de services, notamment Netvibes, Facebook ou encore sur des navigateurs tels que Flock ou Mozilla.
Enfin, l’utilisation du concept comme outil de communication interne à l’entreprise à déjà fait un bout de chemin avec l’apparition d’un Yammer par exemple, qui reprend le modèle Twitter (le copieur), mais à destination exclusive du personnel des entreprises. L’information est ainsi diffusée de manière instantanée pour tenir informé une, plusieurs ou toutes les personnes d’une entreprises de ce sur quoi il est en train de travailler (grâce à son email professionel). Le modèle semble intéressant mais le soucis, c’est que le salarié est sous contrôle permanent et n’est plus véritablement libre dans son travail… Le collègue qui poste plus souvent son travail que lui, celui qui ne veut pas utiliser le service, les inégalités peuvent se former et les tensions avec…
Yammer : Le microblogging appliqué aux entreprises
MicroBlogging vidéo avec Seesmic
Parmi les évolutions du système, à noter la création fin 2007 par Loic Le Meur de Seesmic, une sorte de forum vidéo sur lequel les gens vont poster des interventions au format vidéo sur le site, avec le même principe que Twitter. Ce système de conversation visuelle instantanée est donc une sorte de réseau social vidéo, qui est aujourd’hui perturbé par la crise planétaire (qui touche l’ensemble des industries dont celle du web…) et dont le développement tourne au ralenti. Ajouté à cela le fait que les internautes ne sont peut être pas encore prêt à devenir acteurs du web devant leur webcam (eux qui sont habitué à avoir une attitude passive face aux plateformes vidéos telles que YouTube ou Dailymotion par exemple…) il n’est pas évident que ce système s’impose (dans le contexte actuel) même si l’innovation et l’avantage technologique sont bien là.
Seesmic: Join video the conversation
Finalement, on constate que les enjeux de ce type de services sont vraiment intéressants pour les entreprises et que leur utilisation devrait continuer d’exploser dans les mois à venir. Le monopole de Twitter en la matière devrait amener de nouveaux acheteurs potentiels après la tentative d’acquisition avortée de Facebook (encore faut-il que le leader du genre trouve un interêt à vendre son bien), car il s’agit là d’une petite pépite qui oeuvre pour le business du web.
Au bout d’une petite année d’existence, le phénomène intrigue mais démontre un véritable potentiel. Alors comment ce site rapporte t’il de l’argent à ses créateurs ? Le business model aujourd’hui encore inconnu sera t-il dévoilé pour ce concept à succès ? Enfin, les rumeurs de monétisation des pages par la publicité vont elles se concrétiser ? Le débat est ouvert…





