Cloverfield, une campagne modèle ?
A moins que, durant les derniers mois, vous ne vous soyez isolés dans un bus au fond de l’Alaska, et sans moyen de communication, il est peu probable que vous n’ayez pas entendu parler de Cloverfield. C’était mercredi dernier, le 6 février, que les salles obscures françaises accueillaient la grosse production de J.J Abrams (créateur de Alias et Lost, un débutant), au terme d’une campagne de marketing viral plutôt impressionnante, et surtout très efficace.
Petit retour sur cette campagne, pour ceux qui seraient passés à côté.
Le buzz Cloverfield débute l’été dernier, avec la projection d’un teaser mystérieux, sans titre, avant les séances de Transformers. Rapidement, la toile prend le relais, et plusieurs faux sites sont publiés. Parmis-eux, Slusho, un faux fabricant de boissons gazeuses, Tagruato, un faux exploitant de plateformes de forage, ou encore plusieurs MySpace des personnages du film. J.J Abrams reprend ici une technique qu’il avait déjà utilisé pour sa série Lost (mais si, rappelez-vous, le site d’Oceanic Airlines), à savoir l’ancrage de l’univers de son film dans la réalité. Une technique de communication imparable, qui permet de donner une consistance non négligeable au film, avant même que le sujet n’en soit connu. C’est aussi l’occasion pour les internautes de partir à la chasse aux indices, chasse relayée par de nombreux sites, formant petit à petit une communauté grandissante autour du projet.
La deuxième phase de la campagne a été de porter le film sur les deux plus gros réseaux sociaux existants, Facebook et MySpace. Là encore, une idée brillante, puisque la cible du film est principalement les 12-25 ans, les plus gros utilisateurs des réseaux sociaux sus-cités. Et le succès des pages consacrés au film, sur ces deux réseaux, a été loin d’être négligeable.
Le blog de SQLI Agency a publié un slide, mercredi, qui analyse de manière très détaillé la présence de Cloverfield sur Internet, que ce soit par l’intermédiaire de ses sites satellites, ou bien des réseaux sociaux. 19000 fans/amis sur Facebook et MySpace, des PageRank allant de 4 à 6 pour les sites satellites… Des chiffres impressionnants, qui témoignent d’une gestion de la campagne extrêmement bien réussie.
Alors forcément, quand le film est sorti aux Etats-Unis, le 18 janvier, il a pris la tête du Box-office avec 41 millions de dollars de recettes. Produit avec un budget de 25 millions de dollars, le film était déjà rentabilisé. La campagne marketing a-t’elle pour autant atteint son but ? On est en droit de se poser la question, au vu de la baisse de fréquentation des salles américaines lors de la deuxième semaine d’exploitation du film, une baisse à -68%. Déception du public, qui en attendait finalement trop ? C’est probable.
Libération donne un élement de réponse, que je trouve très juste :
Le marketing, le plus subtilement viral comme le plus bourrin, sous-tend toujours que le film sera la réponse à un désir. Or Cloverfield, le film, ne peut combler ce désir puisqu’il porte en lui la fin du mystère, donc du plaisir.
A méditer, pour Cloverfield 2, déjà prévu par Paramount.


Il y a 13 ans, eBay, qui s’appelait alors AuctionWeb, n’était qu’une petite application développée par un jeune ingénieur franco-americano-iranien en quelques jours. Aujourd’hui, le bébé de
Pierre Omidyar met sur son site personnel une page appelée AuctionWeb, (littéralement Enchère Web). La légende veut que le site ait été créé pour que sa femme puisse acheter et vendre les distributeurs de bonbons qu’elle collectionnait. Cette rumeur a en fait été inventée par un chargé de relation publique pour susciter l’intérêt des médias et a, depuis, été démentie par eBay.






